La bouche (suite et fin)

Adela Barbu, Biologiste

Adela Barbu, Biologiste

Dans l’article précédent, vous avez compris l’importance de l’équilibre entre le microbiote et le parodonte ; vous savez détecter les signaux d’alerte d’un déséquilibre buccal (inflammation, sensibilité chaud-froid…) ; vous connaissez les causes de ces déséquilibres (stress, sucre, acidité…)  et  vous avez intégré à votre quotidien les 4 conseils malins et efficaces de la biologiste et nutritionniste Adela Barbu (dont mâcher de l’huile…).

Aujourd’hui, elle vous invite à terminer ce voyage au cœur de la bouche afin de mieux connaître tous les agresseurs qui peuvent s’y trouver (et dont vous n’imaginez  pas la présence) et vous proposera 5 solutions étonnantes pour chouchouter votre espace buccal.

Et toujours bien-sûr, des conseils malins et efficaces que vous pouvez intégrer à votre quotidien avec facilité et sans attendre pour vous assurer une santé de fer !

 

 La bouche : cet univers si méconnu

(suite et fin)

La bouche peut-elle engendrer des dégâts dans le reste du corps ? 

les "ennemis"

les « ennemis »

ABSOLUMENT.

La diversité des bactéries pathogènes est très impressionnante. Il peut y avoir des staphylocoques, des streptocoques , on trouve même de l’Hélicobacter pylori , des espèces de protozoaires (organismes unicellulaires), comme le trichomonas buccalis, des champignons comme le candida, des amibes

En bouche, on trouve des virus cancérogènes comme le papilloma qui peut générer des cancers du col de l’utérus, des ovaires, du sein, y compris du système nerveux, des cancers au niveau des os, des cytomégalovirus (qui favorisent des cancers au niveau du système nerveux central), des Epstein-Barr virus EBV (mononucléose infectieuse) ou maladie du baiser qui peut monter très facilement dans le cerveau et donner des cancers ORL, herpès virus

 

Les amibes, souvent présentes = il s’agit d’organismes unicellulaires qui créent une parasitose. Les amibes peuvent s’installent dans les intestins et peuvent être très dangereuses (diarrhées, fièvres).
Les malades qui ont des parodontoses chroniques présentent souvent dans leur bouche des amibes. Celles-ci engloutissent vos globules blancs de défense (elles mangent donc les soldats du système immunitaire). Elles engloutissent aussi (en roulant comme sur un tapis, partout dans votre bouche) des bactéries, des virus et vont les « cracher » plus loin. Elles disséminent ainsi les infections en bouche.
Des bactéries s’installent dans le milieu buccal et infectent cet espace-là par le jeu des amibes.
C’est très courant et peu connu, cette présence d’amibes en bouche (sortes de bateaux porteurs de malfaiteurs).
On peut les avaler et infecter le tube digestif de manière chronique : on est mal, on a des diarrhées, des selles qui ont un peu de mucus.

Ces amibes peuvent venir de nos aliments, de l’eau. C’est un parasite. Dans les cas de parodontoses, il faut s’assurer de la présence ou de l’absence d’amibes. Il suffit d’un prélèvement de la salive sur les muqueuses et d’une observation au microscope.

 

Entrez dans l’univers infiniment petit des virus, à la fois source de vie et de danger :

Les virus : C’est tout petit. C’est infiniment plus petit qu’une bactérie.

les virus

les virus

Parmi les virus, il existe les bactériophages. Bactériophage = qui mange des bactéries.
Ce sont des virus qui mangent les bactéries afin de réguler leur population. Ils régulent le nombre et l’espèce de bactéries. Cela se fait tout seul.

Nous sommes  très bien équipés avec des virus tout le long de notre tube digestif, et même à l’intérieur du corps. Il y a des bactériophages qui nous protègent des infections.

Les bactériophages sont des virus (c’est ce qui maintient l’équilibre de notre terre toute entière, car si il n’y avait pas les bactériophages, les populations bactériennes de toute la terre, qui sont en nombre inimaginable de zéros se multiplieraient . La vie sur terre disparaîtrait d’elle-même. )

Il en est de même pour notre corps : une bactérie meurt d’elle-même, mais lorsqu’elle a de quoi manger, elle se multiplie très vite. Les populations entre les nouveaux-nés (bactéries) et les « ancêtres » est déséquilibrée et à partir de là, elles pullulent.

Nous avons des milliards et des milliards de bactériophages qui font que notre flore microbienne (qu’elle soit buccale ou intestinale), ne se développe pas trop, sinon en quelques jours, nous pourrions mourir. Le ventre se remplirait de bactéries, les bactéries traverseraient la barrière intestinale, nous envahiraient et nous tueraient. Même si ces bactéries sont à l’origine « bénéfiques ».

 

Tous les êtres humains ont-ils les mêmes virus en eux ? Vous connaissez le bifidus par exemple ?

alimentation et bactéries

alimentation et bactéries

La quantité de bactéries (de différentes espèces, ainsi que leur diversité) dans un milieu sain et la quantité et la diversité de bactériophages est très variable d’une personne à l’autre, d’un microbiote à l’autre.
La flore microbienne de notre intestin est constituée à 80 % de lactobacilles et de bifidus (bactéries lactiques).
C’est la particularité de notre population. Nous avons beaucoup de lactobacilles et par conséquent sont présentes également des populations de bactériophages qui sont prévues pour manger ces lactobacilles.
Mais certains groupes humains isolés ont des microbiotes très différents. Ils n’ont par exemple même pas de bifidus et se portent très bien.

 

C’est donc notre alimentation qui détermine la présence de nos bactéries (spécifiques) dans notre intestin.

Photographier notre assiette revient donc à photographier nos bactéries !

Une excellente santé buccale (et donc corporelle) est donc un tout : la nature et la qualité des aliments, la qualité de la mastication, l’hygiène buccale, la sérénité…. Voici donc sans plus attendre 5 solutions étonnantes pour une santé buccale optimale !

 

Les 5 solutions étonnantes :

 1) Le crocodile et le bijoutier :

La mastication est primordiale : on a la santé de notre mastication. Il y a une corrélation entre le nombre de dents d’une

crocodile et mastication

crocodile et mastication

personne âgée et sa longévité.

Pourquoi mastiquer ?

Tout simplement parce que nous ne sommes pas des crocodiles. Le crocodile avale sans mâcher, mais, une fois la proie tuée, il la laisse  pourrir dans l’eau : elle est donc pré-digérée. Il peut ensuite l’avaler sans problème et peut donc se permettre de ne pas mastiquer.

Nous ne sommes pas des crocodiles, il faut mâcher : la digestion commence en bouche. Le bol alimentaire doit être très bien imbibé de tout le contenu du suc salivaire enzymatique.

Il y a beaucoup d’enzymes salivaires qui créent un PH légèrement alcalin.

TOUT, que ce soit, glucides, lipides, protéines, commence à être digéré en bouche.

Cette phase est donc primordiale !

le collier de perles ou l'art de mâcher

le collier de perles ou l’art de mâcher

Si on considère un aliment comme un collier de perles, du fait de mâcher, on casse le collier de perles en petits morceaux, et plus ce collier est fractionné, mieux c’est.

Ce qui veut dire que, pour se donner le maximum de chances d’une bonne digestion, au moment où on a pris la bouchée d’aliment, on dépose fourchette et couteau et on mastique.

Le courage de poser, le plaisir de poser. Si on a le plaisir de poser, c’est qu’on veut sentir le goût de ce qu’on mange. Plus on a de plaisir, plus on sécrète de la salive, d’où l’expression « avoir l’eau à la bouche !»

Plus on sécrète de salive, plus on sécrète d’enzymes, mieux on digère.

Plus on sécrète de salive, plus les bactéries saines pourront vivre dans leur milieu qui ne va pas les brûler. En effet, un milieu  acide brûle les « bonnes bactéries » : elles meurent. Un milieu trop alcalin  les brûle également. Le milieu naturel du biotope de la bouche est idéal.

En plus de la sécrétion salivaire, il y a aussi des hormones qui sont sécrétées et qui vont dire à l’estomac : « attention, il y a des bons aliments qui arrivent, prépare-toi». Si on mastique très peu, le signal n’est pas encore là.

Le bol alimentaire, après mastication en bouche, doit être comme une bouillie la plus fine possible. Tentez de garder à l’esprit ce proverbe : « mange ce que tu bois, bois ce que tu manges ».

Plus on mâche, plus on renforce notre dentition, notre os dentaire : alors pourquoi s’en priver ?

 

2) Chaud, chaud devant !

chaleur et digestion

chaleur et digestion

Manger à la bonne température : Il est important de toujours manger chaud, car l’estomac commence à digérer à 41 °C.

Des recherches récentes menées au Paraguay ont montré que la mortalité précoce augmente suite à 2 facteurs importants : le changement d’habitudes alimentaires ancestrales et une tendance de plus en plus répandue à manger froid…

Il faut manger chaud, bien mastiquer, parce qu’on protège en même temps notre microbiote buccal, on pré-digère bien et on fortifie les dents en même temps.

 

 

3) Avant l’heure, c’est pas l’heure, après l’heure, c’est plus l’heure ! 

l'horloge des repas

l’horloge des repas

Respecter son horloge interne : cela  stimule la production d’acide chlorhydrique et d’enzymes.

Quand les horaires alimentaires, les habitudes (l’habitude de manger vers midi, par exemple) sont là, l’estomac a pris cette habitude. Un bio-rythme est déjà installé : l’estomac  commence à sécréter de l’acide chlorhydrique et en bouche, on commence à avoir beaucoup de salive et on se dit :  « là, j’ai très faim, il faut que j’aille manger ».

Quand on a très faim, on avale sa salive, elle arrive dans l’estomac, l’estomac reçoit du liquide, il le vide (parce que son rôle c’est de vider) : on a des gargouillis, des ballonnements, ça tourne à vide et ça fait des dégâts.

On sécrète entre 1 litre, 1,2 litre de salive par jour. Quand il n’y a plus de salive, on n’a plus envie de manger. Après une chimiothérapie, par exemple, les personnes ont beaucoup de mal à manger, n’ont pas assez de salive, c’est compliqué pour eux dans ce cas de figure et il y a des traitements pour restimuler les glandes salivaires. La digestion de ces personnes-là est assez compromise. Ils doivent faire des choses spécifiques pour, petit à petit, retrouver une bonne digestion.

4) Soyez zen : oubliez le lion qui vous poursuit ! 

Oubliez le lion qui vous poursuit

Oubliez le lion qui vous poursuit

Lutter contre le stress à table : lorsqu’on est stressé, on ne mange pas, on n’a pas très faim, le stress prend le dessus.

Ceci est naturel parce que nous sommes des Homo Sapiens : quand le lion courait derrière l’homme préhistorique, il ne pensait pas à manger la biche chassée la veille, il pensait plutôt à courir et sauver sa peau.

Le stress nous donne la possibilité soit de lutter, soit de courir, soit de devenir immobile (certains animaux ont cet instinct de mort apparente, et c’est leur survie). Ces instincts-là sont ancestraux, pour sauver notre vie.

Les personnes qui ont un stress chronique (stress dû à nos vies modernes, ou stress plus grave comme les boulimiques, les anorexiques) ont peu de sécrétions, peu d’envie de manger.

Il peut également y avoir des infections (par exemple, la candidose qui génère des hypoglycémies, et là, le circuit « mange parce que tu as une hypoglycémie »  se déclenche. Le candida attend, la bouche grande ouverte, pour se servir).

Chaque individu est unique, il y a une grande diversité des cas.

Si quelqu’un n’a pas faim, il vaut mieux qu’il ne mange pas, parce que le tube digestif, notre système digestif n’est pas prêt à digérer. Quand on a envie de manger, c’est que tout le corps est prêt : « je suis prêt, mange ! »

Lorsqu’on n’a pas faim parce qu’on a été stressé, il n’y a rien qui rentre, il ne faut pas manger, il faut laisser passer cette période : je me calme, à ce moment-là, je suis assis, il n’y pas le lion qui me court derrière. L’état d’apaisement revient et là le circuit naturel d’alimentation revient : il vaut mieux attendre.

5) Une hygiène buccale irréprochable mais d’une douceur infinie ! 

L'art du brossage

L’art du brossage

Il ne faut pas prendre des produits abrasifs ou durs pour nos dents. Il faut avoir un comportement clément avec nos dents qui sont précieuses et qui sont liées à notre longévité.

De la douceur donc dans les choix de la brosse à dents, dans le choix du dentifrice et dans les gestes de brossage !

 

 

 

 

 

 

Que faire de plus ?

Après les 4 conseils du précédent article, suivez ces 4 autres conseils de la biologiste Adela Barbu.

Des conseils toujours malins, efficaces et parfois inattendus !

Conseil du jour N°5:

Faire  des gargarismes :  avec des produits antiseptiques si on sent qu’il y en a besoin.

Gargarisme aux huiles essentielles

Gargarisme aux huiles essentielles

Voilà un bon remède pour les langues blanchâtres. Pour cela, on peut faire très simple : mettre un peu de propolis dans de l’eau : il y a une partie de la propolis qui va se mettre sur les parois, mais il y a une partie aqueuse qui se dissout dans l’eau, vous obtiendrez une potion blanchâtre à utiliser de temps en temps. S’il y a un petit peu d’alcool dans votre lotion, pas de panique : l’alcool aussi tue les bactéries et certains virus.

Evitez cependant de le faire quotidiennement parce que vous risquez de changer l’équilibre du microbiote. Faites-le  avec parcimonie, 2 à 3 x par semaine sur certaines périodes, lorsque vous en ressentez le besoin. Avec de petites quantités parce que la propolis est un bactéricide, virucide et fongicide puissant. Elle va détruire des bactéries qui sont pathogènes, mais pas seulement. Donc il ne faut pas changer les équilibres.

A faire le soir avant de se coucher.

Conseil du jour N°6:

Les boissons gazeuses : c’est très mauvais, c’est acide, c’est sucré (nous avons longuement expliqué les dégâts des sodas sur le corps dans l’article précédent)

Les eaux gazeuses

Les eaux gazeuses

Les eaux gazeuses : ce n’est pas quelque chose de physiologique ; l’humain ne buvait pas d’eau gazeuse. Une eau artificiellement gazeuse (ce qui est le cas la plupart du temps), ce n’est pas du tout physiologique, ce n’est pas bon. Les gens se rafraîchissent à l’intérieur, essaient d’éviter le feu digestif. Ils boivent de l’eau gazeuse pour créer une mobilité intestinale, pour que le bol alimentaire bouge. Ils se disent : « moi j’ai besoin de mon eau gazeuse ». Ils trouvent une parade à leur pathologie chronique et ils ne font qu’aggraver les choses.

Donc, l’eau gazeuse à la source, ok, (les gaz, à la source, sont bénéfiques) mais avec parcimonie. Ces gaz, fabriqués à la source peuvent être ponctuellement bénéfiques en cure. Mais les eaux minérales maintenues en bouteille, changent complètement leur contenu. Tout ce qui est support ionique assimilable se transforme en  forme insoluble qui n’est pas assimilable, qui charge notre sang, qui charge nos reins.

La qualité de l’eau est un sujet fondamental : surtout pas d’eau trop acide, surtout pas d’eau sucrée. Le PH bas attaque la dentine qui est protégée par un pH alcalin et pas par un PH acide.

Ce sont des processus hyper lents et les gens, lorsqu’ils commencent à avoir des soucis, sont loin de faire le lien entre cette cause répétitive, leur état général de santé et leur état dentaire.

Conseil du jour N°7:

 Le tabac : il modifie complètement la flore microbienne de la bouche.

Le tabac et la flore microbienne

Le tabac et la flore microbienne

La fumée imprègne les gencives, le parodonte et la dentine. Les dents jaunissent. Nous ne sommes pas tous égaux : certains vont avoir une fonction hépatique et respiratoire extraordinaires et vont vivre malgré la cigarette un certain nombre d’années (on se demande ce qu’ils auraient vécu sans cigarette !)

Si vous n’êtes pas dans ce cas de figure, il vaut mieux ne pas prendre exemple sur ces personnes-là parce qu’elles ne sont vraiment pas nombreuses : c’est l’exception qui confirme la règle !

 

 

Conseil du jour N°8:

Le café : certaines personnes ont besoin de café, selon leur propre physiologie. Le café stimule la détoxification du foie et de cette manière assure un meilleur nettoyage. Pour ceux-là, le café est bénéfique.

Le café et la digestion

Le café et la digestion

Le café est déshydratant. Il faut boire une fois et demie le volume du café en eau. Donc, si on a bu une tasse de café, on va boire une tasse et demie d’eau pour éviter la déshydratation. C’est un astringent.  Il déshydrate notre tube digestif, notre intestin.

Le café peut colorer la dentine si on a une dentine qui n’est pas en très bon état, et si on emploie des produits pour blanchir, on ne va qu’aggraver la situation.

Si on a besoin de son café pour une raison ou pour une autre (propre à chaque individu), ce qui est largement conseillé, c’est de bien se brosser les dents ensuite.

 

 

 

Conclusion : adoptons la « japonaise attitude » : ayons toujours notre brosse à dent sur nous, qu’elle fasse partie de notre sac à main et lavons-nous les dents après chaque repas. Sans brossage de dents minutieux et régulier, si des infections se trouvent en bouche, on les entretient, et si elles n’y sont pas, on les crée.

 

Vous avez besoin d’un rendez-vous personnalisé ?

N’hésitez pas : contactez Adela par mail pour convenir ensemble d’un vrai moment d’écoute, de conseils, de solutions adaptées pleinement à votre cas.

 

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